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L'Esprit Village n°109 - sept/oct/nov 2011  EDITO... | RESUME : | S'installer à la campagne - Nos lieux coups de coeur
La vallée du théâtre - Le Giussani (Corse)
Cohabiter - Très tendance chez les séniors
Un four en terre - Le fabriquer en une journée
Jouer avec le vent - Faire chanter et voler de jolis bidules | | | SOMMAIRE | CHOIX DE VIE
Cohabiter pour vivre mieux
Ils ont entre 60 et 80 ans et n’ont pas envie de vieillir seuls. Leur solution ? Partager une grande maison à plusieurs ou héberger un étudiant.
Le jardinier des plantes sauvages
Ils partagent leurs jardins
Folles des fermiers
Truites en eaux limpides
Un bureau écolo
Poterie en famille
Le caviar blanc
VIVRE ICI
Où s'installer à la campagne ? Nos lieux coups de coeur
La campagne n'en finit pas de faire rêver... Elle symbolise pour beaucoup la perspective d'un vrai choix de vie, d'un nouveau départ sous le signe de la qualité de vie. Mais où s'installer ?
Le Giussani (Corse) - La vallée du théâtre
La haute vallée corse du Giussani, excentrée et dépeuplée, réussit le pari de son développement grâce au projet culturel initié par Robin Renucci.
TOUT SIMPLEMENT
Fabriquer son four en terre
En une journée, construisez votre four familial comme les nomades d’Afrique du Nord. Le soir même, dégustez pains, tartes et petits plats au bon goût de feu de bois!
Jouer avec le vent
Bientôt l’automne ! Une brise rafraîchissante joue à saute-nuages… Profitons-en pour faire chanter, voler et tournoyer de jolis bidules, légers et amusants à fabriquer.
Et aussi
Utiliser les épluchures
Plantes à tisanes d'automne
 | EDITO... | Le périurbain, royaume du vélo
Aujourd’hui, rendez-vous à 11 heures à la mairie de la capitale régionale située à 8 km de mon domicile, en « périurbain » comme on dit. C’est un beau mois de mai. 10 h 20, j’enfourche mon vélo. J’ai une chance inouïe, la collectivité a investi pour des modes de transport doux et la piste cyclable est située à 1 km de chez moi ; elle longe un canal qui mène tout droit en ville.
Véritable corridor écologique où le bouillon-blanc côtoie la sauge sauvage. Les lapins détalent. Un héron s’envole. Le chant des merles donne à chaque coup de pédale un air de vacances.
10h50. J’attache mon vélo devant la mairie, magnifique bâtisse de pierre. La dopamine qui s’est déclenchée à l’effort donne le sourire. C’est jour de marché, la traversée des rues commerçantes en fin de parcours me laisse en tête des couleurs chatoyantes. Je flâne en montant les escaliers de la mairie. 11 heures, la cliente me reçoit. J’ai la mine réjouie.
Pourtant, en venant en voiture, c’est sûr, j’aurais gagné au moins 10 minutes. Et 10 minutes à 50 euros de l’heure (toutes charges comprises) auraient fait gagner à l’entreprise la somme de… 8 euros. Sous réserve, bien sûr, que j’utilise efficacement ces 10 minutes car que fait-on vraiment du temps libéré ?
Reprenons. Nouveau scénario. 10h30, je sors la voiture du garage. Périphérique un peu saturé mais le rendez-vous est à 11 heures, j’ai de la marge. Attention, bien penser à ne pas dépasser les 70 km/h à cet endroit précis, un radar fixe installé là m’a déjà valu la suppression de trois fois 1 point. Trafic saturé. Je décide de passer par le centre-ville. Zut c’est jour de marché, je roule au pas… Ouf, enfin arrivée devant la mairie. Je tente une entrée sur le parking réservé aux rendez-vous avec les services. Complet. Je tourne 10 minutes autour du pâté de maisons. Je finis par dégoter une place. Aller chercher un ticket pour le parcmètre. 1 euro de l’heure, 2 heures de stationnement maxi… Durée de réunion 2h30!!! 11h12. J’arrive à la mairie, énervée, stressée, en retard. Triste mine. Remboursement de l’entreprise pour l’aller-retour : 16 km x 0,30 euro, soit 4,80 euros : hors frais de parcmètre. À vélo ? Zéro euro. En plus, quand je prends mon vélo, combien je rapporte à la société (pas seulement à l’entreprise mais à la société tout entière) pour ma santé et ma bonne humeur? Combien je rapporte à la collectivité pour les économies d’énergie, la contribution à limiter la pollution de l’air, la lutte contre le réchauffement climatique ?
Mais pourquoi n’y a-t-il que deux vélos stationnés devant la mairie ? Le contexte économique des années soixante et l’image sociale véhiculée par la voiture sont au premier rang des facteurs expliquant la diffusion de l’automobile (1). Espérons que l’augmentation du coût du pétrole et les efforts faits par les collectivités pour permettre de relier la ville (grandes, petites ou bourgs ruraux) à ses espaces périphériques grâce aux pistes cyclables permettront peu à peu de changer le modèle dominant.
Sylvie Le calvez
Directrice de publication
sylvie.lecalvez@wanadoo.fr
À lire :
1. L’article de 2004 de Patricia Sajous « habiter en espace périurbain et usages de la voiture ».
Centre de recherche sur les réseaux, l’industrie et l’aménagement. Université Paris I. N° 21 de la revue ESO. CNRS. Mars 2004
2. De la voiture au vélo, de Hervé Bellut.
Éd.Dangles, 12 euros, 2011
Consultant en mobilité douce, Hervé Bellut offre ses conseils personnels pour passer de la voiture au vélo dans ses petits déplacements quotidiens, sans jamais donner de leçons. Comment vaincre les réticences pratiques et psychologiques, quels avantages et quel plaisir en tirer ? Une véritable méthode d’accompagnement au changement. Un ouvrage très pédagogique.
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