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 | | Mon humeur - Bernard Farinelli |  Actualités > Points de vue > Mon humeur - Bernard Farinelli |  | Le Grand Aménageur |
| | Chacun connaît cette phrase célèbre « Pour vivre heureux, vivons caché ». Elle est aujourd’hui encore une réalité affirmée ou cachée de bien des départs vers la campagne. La petite maison dans la prairie a durant des siècles (et plus) vécu à l’écart du monde. La vie sobre qui lui collait à la peau constituait une garantie sans faille pour ceux qui connaissant le monde voulaient avoir affaire le moins possible à ses contingences. D’installations campagnardes en retours aux sources, le mouvement a pris de l’ampleur, offrant une douce, et parfois égoïste, assurance d’une vie protégée, aux antipodes des pollutions urbaines… |  |
| | | Mais voilà le proverbe s’est fait rattraper par le souffle de Big Brother ou plutôt de son avatar le Grand Aménageur. Peu d’élu qui n’ait ce mot magique à la bouche ! On aménage la place du village, les abords des rivières, on bitume les chemins, on crée du lotissement…Tout cela reste insuffisant pour le Grand Aménageur qui n’a de cesse de mettre son territoire – dans la réalité celui de tout un chacun – en coupe réglée, de le structurer pour le rentabiliser. Du coup, plus personne n’est à l’abri. Prospection tous azimuts de gaz de schiste, tracés d’autoroutes, de lignes ferroviaire à grande vitesse, d’aéroports supplémentaires… Implantation de centrales nucléaires de nouvelles générations, rêve de mégalopoles mégalomaniaques, de zones d’activités qui draineraient les richesses internationales, d’incinérateurs…La liste est bien longue encore. Le grand aménageur dispose de toutes les armes – grands médias, machine à fabriquer les lois, argent…Face à lui, des pots de terre, des îlots de conscience. Mais, et c’est le charme de la révolution que nous vivons, si tout a été prévu par une armée de laboratoires et de cabinets, il reste la part aléatoire, le grain de sable, l’impensable. Le Grand Aménageur trouve face à lui des résistants, des gens de tout acabit, de tout âge, de toute culture, qui réinvente le mot « collectif ». Ces collectifs recréent des solidarités, du sens, du partage, proposent des alternatives… Qu’on se le dise, vivre caché, échapper au système est devenu impossible! Le « Pas chez moi » n’a pas de sens lorsque la planète est concernée dans son ensemble par un système emballé. Ainsi notre temps revisite le proverbe initial, « Pour vivre heureux, vivons debout ».
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 | DATE : | 01 Mars 2012 |
 | Prix : 0,00 € |
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