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 | | Portraits, point de vue... |  Actualités > Points de vue > Portraits, point de vue... |  | Du positif au cœur de la crise ! |
| | Inspiré par les politiques d’accueil développées en milieu rural en France, le projet Philoxénia a réuni cinq territoires méditerranéens fragilisés pour accompagner 90 créateurs d’entreprises venus d’ailleurs. Ces activités, qui diversifient l’économie locale, donnent une perspective nouvelle à ces territoires. Rencontre avec Alkis Kalliandzidis, coordinateur de Philoxénia. |  |
| | | En quoi consiste le projet Philoxénia?
Il s'est inspiré de la politique d'accueil menée en France avec des résultats significatifs depuis plus de 15 ans. Il implique cinq zones rurales méditerranéennes fragilisées par le déclin démographique qui ont souhaité mettre en place pour la première fois et à titre pilote, une politique d’accueil : Sintiki-Héraclée en Grèce ; la province d'Oristano en Sardaigne ; Voroklini, Larnaca à Chypre ; Ptuj en Slovenie ; et Gozo à Malte. En grec, Philoxenia désigne l'hospitalité, il s'agit donc de promouvoir un accueil favorable, positif et soigné. Depuis avril 2009 et jusqu’à fin mars 2012,nous aidons financièrement, techniquement et culturellement 90 personnes souhaitant créer leur micro-projet sur ces territoires ruraux.
Quel est l’enjeu pour ces territoires?
Les collectivités rurales du projet Philoxenia sont de plus en plus confrontées à une diminution des services et des entreprises commerciales, voire à une perte d’identité. Or, le développement de la mobilité et des technologies de l’information et de la communication (TIC), le souci du développement durable et la recherche d’une meilleure qualité de vie peuvent permettre à ces collectivités rurales de trouver des nouvelles pistes de développement. Le patrimoine architectural, culturel, environnemental et l’espace dont elles disposent sont en réalité de nouveaux facteurs d’attractivité.
Qui sont ces créateurs?
Parmi les 90 créateurs qui se seront installés grâce au projet, une grande partie concerne des personnes qui étaient originaires de ces zones d'installation, qui étaient parties soit à l'étranger, soit dans les villes, pour apprendre un métier et qui finalement sont retournées dans leur terroir d'origine. Il s'agit donc de personnes de la « diaspora » locale, qui reviennent au pays en créant des activités.
Qu’est-ce que leur a apporté Philoxénia ?
Des outils communs ont été élaborés par le partenaire grec Em.Loc. et des professionnels locaux ont été formés à l'accompagnement des créateurs. Le projet a permis d’accorder aux 90 bénéficiaires un appui financier de 4 500 euros, de leur fournir un accompagnement individualisé, afin de les aider à formuler et à élaborer leur projet d'installation, de leur accorder des conseils gratuits et de faciliter la recherche de logements et de locaux professionnels, ainsi que de crèches pour leurs enfants, lorsque c'était nécessaire.
Quels enseignements tirez-vous de ce projet ?
Avec la crise économique qui sévit surtout dans les zones rurales, il est crucial de voir naître quelques dizaines d'activités non agricoles pour maintenir la vie des territoires, contribuer à la diversification de l'économie locale et créer ainsi une perspective positive. Les zones impliquées sont d'une certaine façon « pionnières » et rencontrent toutes les difficultés d'une première expérimentation. Il faudra du temps pour pérenniser cette dynamique d’accueil. Car trois ans ne suffisent pas pour acclimater ces politiques d'accueil aux contextes locaux. Dans d'autres pays, il a fallu plus d'une dizaine d'années pour obtenir des résultats tangibles. Nous organisons un séminaire transnational en mars pour dresser le bilan de Philoxénia et en diffuser les résultats. L’objectif est aussi d’aller plus loin, pour inciter l’Union européenne à soutenir ces politiques d’accueil dans ses programmes de la période 2014-2020.
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 | DATE : | 03 Mars 2012 | | AUTEUR : | Claire Lelièvre | | | Revue - n° 111 - |
 | Prix : 0,00 € |
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