Vous êtes sans doute passé des centaines de fois à côté sans jamais prendre le temps de le ramasser. Discret mais abondant, le lierre terrestre fait partie de ces plantes qu'on néglige par ignorance. Les abeilles, elles, en raffolent. Au printemps, ses petites fleurs nectarifères les attirent en nombre. Le lierre terrestre n'a rien à voir avec son homologue grimpant qui, lui, est toxique. Ils ne sont pas de la même famille et ne se ressemblent pas. Aucun risque d'erreur.

Où le trouver ?

Le lierre terrestre se rencontre au bord des chemins semi ombragés et humides et les sous-bois. Présent dans toute la France, il se fait plus rare sur le pourtour méditerranéen. 

Le reconnaître

La tige principale est rampante et s'enracine à chaque nœud. De là partent des tiges droites portant des petites feuilles d'un vert franc en forme de cœur arrondi. Elles sont crénelées, luisantes, parfois 
légèrement velues. De mars à mai, la plante est facile à reconnaître grâce à ses petites fleurs bleues, mauves, roses ou violettes, disposées par groupe à l'aisselle des feuilles. 
Elles ressemblent à des orchidées miniatures. Comme le thym, la menthe ou la sauge, le lierre terrestre fait partie des lamiacées, une famille 100 % comestible ! Si vous le confondez avec le lamier pourpre ou le bugle rampant, deux autres lamiacées, il n'y a donc aucun danger.
Principales caractéristiques de cette famille :
- Tige carrée. On sent un côté anguleux en passant le doigt dessus.
- Feuilles opposées et décussées : placées par paires, face à face, elles effectuent une rotation de 90 degrés à chaque nœud (étage). 
- Fleurs bilabiées (deux lèvres). Le pétale du dessus forme un capot et celui du dessous, plus large, sert de piste d'atterrissage aux insectes qui viennent butiner.

Un parfum caractéristique

Les feuilles possèdent une odeur envoûtante et sauvage, mélange de menthe, basilic, citronnelle et cardamome. Inoubliable une fois identifié. Au goût, on retrouve un mélange de menthe citronnée, de lavande et de noisette.

Le cueillir

La saison est longue, du début du printemps à la fin de l'automne. Comme pour toutes les plantes sauvages, privilégiez les jeunes feuilles qui contiennent plus de propriétés. Il contient de la vitamine C et des tanins. En tisane, c'est un tonique et un bon expectorant, utile contre la bronchite, la toux et l'asthme. Le lierre terrestre possède à très faible dose une molécule toxique, le pinocamphone. On doit donc le consommer avec modération.

Le transformer

C'était autrefois un condiment apprécié, tombé en désuétude.  Au retour de la cueillette, laissez infuser à froid quelques feuilles dans une limonade ou une eau gazeuse. Hachées finement, elles se marient bien avec du fromage de brebis frais, dans les salades de lentilles ou de pois chiches. À cette saison, intégrez-les à une salade sauvage composée de pissenlit, de plantain et de jeunes feuilles de tilleul, agrémentée d'une vinaigrette à base de moutarde à l'ancienne, de vinaigre de cidre, de sauce soja et d'huile d'olive. Vous pouvez aussi les faire sécher pour en avoir toute l'année.

Recettes faciles

Sirop de lierre terrestre

200 g de sommités fleuries de lierre terrestre, 250 g de sucre, 200 mml d'eau.
Faire bouillir l'eau. Hors du feu, laisser infuser la plante 15 mn dans l'eau chaude à couvert. Filtrer en pressant feuilles et fleurs pour exprimer tout le jus. 
Ajouter le sucre, porter à ébullition et attendre 1 mn. Déposer une goutte sur une assiette froide. Si elle se fige, le sirop est prêt. Sinon, attendre un peu et recommencer. Mettre en bouteille. Ce sirop se conserve un an.
En cas de toux, prendre 3 c. soupe / jour / adulte. 

Gaspacho au lierre terrestre

Pour 2 personnes : 20 feuilles de lierre terrestre, 1 concombre, 1/2 poivron vert, 1/2 oignon, 3 c. soupe d'huile d'olive, sel.
Pelez et épépinez le concombre. Pelez l'oignon. Détaillez le poivron en dés. Lavez et séchez les feuilles de lierre terrestre. Mixez l'ensemble et servez bien frais.

Recette tirée du livre Je cuisine les plantes sauvages, d'Amandine Geers et Olivier Degorce, Ed. Terre Vivante, 2015. 144 p., 12 €.

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